Encore au stade de prototype, la puce s’implantera au niveau du cortex, la couche la plus externe du cerveau, afin de stimuler des milliers, voire des millions de neurones.

Des ingénieurs américains de l’Université Rice, dans le Texas, planchent sur un projet très ambitieux : une puce électronique implantable dans le cerveau et capable de restaurer la vue ou l’audition. Mais pour le développer, la somme se chiffre forcément en millions de dollars… Heureusement pour ces scientifiques, la DARPA (l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense) vient de leur octroyer 4 millions de dollars sur quatre ans, annoncent-ils dans un communiqué.

Un microscope miniature pour observer au plus près le cerveau

Encore au stade de prototype, la puce s’implantera au niveau du cortex, la couche la plus externe du cerveau, afin de stimuler des milliers, voire des millions de neurones. Contenant des dizaines d’électrodes, cet implant sera capable de recevoir les informations visuelles et auditives et de les transmettre directement aux zones du cerveau capables de les traiter (aires auditives et visuelles). Implanter des électrodes pour stimuler certaines zones du cerveau, le principe n’est pas nouveau : nommé « stimulation cérébrale profonde », il est notamment utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson. Mais « ce sont des systèmes à seulement 16 électrodes, bien trop limités pour restaurer la vue ou l’audition », explique Jacob Robinson, qui fait partie du projet intitulé FlatScope.

À cette puce devrait être intégré un microscope miniature, développé par une autre équipe de l’Université Rice. Pendant que FlatScope sera activé, ce microscope observera et enregistrera l’activité cérébrale de l’organe qui demeure encore très mystérieux pour les neuroscientifiques. Là encore, le projet est ambitieux : il consiste à observer plus d’un million de neurones simultanément ! Le système devra posséder des centaines d’électrodes, et les neurones devront être rendus visibles grâce à des protéines bioluminescentes. « Comme le microscope enregistrera des images en 3D, nous pourrons voir la surface du cerveau mais aussi une certaine profondeur, explique Ashok Veeraraghavan, co-auteur de ce projet. À ce stade nous ne connaissons pas encore les limites mais nous espérons voir au moins au-delà de 500 microns. »

Même si ces projets demeurent peu détaillés pour l’instant, les chercheurs sont optimistes quant à leur faisabilité. « Nous sommes en mesure de créer des processeurs contenant des milliards d’éléments sur une puce destinée au smartphone que nous avons tous dans notre poche. Alors pourquoi aurions-nous du mal à appliquer ces avancées aux interfaces neuronales ? « , fait remarquer Jacob Robinson.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/une-puce-dans-le-cerveau-pour-retrouver-la-vue-et-l-audition_114904


Les médecins ne savent pas très bien comment gérer la question du surpoids des personnes âgées, alors qu’au-delà de 65 ans l’obésité n’est pas forcément mauvaise pour la santé et que maigrir trop rapidement peut être néfaste. Seule certitude: l’exercice, régulier, fait du bien.

Avec l’âge, les gens grossissent. A partir de 65 ans, la proportion de personnes obèses augmente encore. Au-delà de 80 ans, elle diminue, ce qui n’est guère surprenant: les gens minces vivent plus longtemps. Les personnes âgées qui maigrissent ont pourtant également tendance à mourir plus rapidement. Face à ces données contrastées, les médecins sont hésitants: l’obésité de la personne âgée augmente-t-elle le risque de mortalité ou au contraire la protège-t-elle? Les facteurs sont multiples, les études rares.

Composition corporelle évolutive

Il faut savoir que le corps humain évolue. Le poids des hommes et des femmes a tendance à augmenter jusqu’à 50-59 ans. Ensuite, il diminue. Le pic musculaire se situe vers 30 ans puis décline de 3 à 8% par décennie. On note une perte de masse musculaire de l’ordre de 30% chez les plus de 65 ans et de 50% au-delà de 80 ans. Après 20-30 ans, la masse maigre (à savoir la masse non grasse: peau, os, muscles, organes) diminue. La masse musculaire diminue de 40% entre 20 et 70 ans, la masse grasse (les graisses), elle, augmente. Après 70 ans, les masses diminuent et se redistribuent dans le corps, la masse maigre s’amenuise en périphérie, la masse grasse domine aux niveaux abdominal et musculaire. Il est donc normal de paraître plus gros avec l’âge.Le poids peut demeurer inchangé en raison de cette redistribution. L’index de masse corporelle (IMC = taille/poids au carré) est du coup moins approprié chez la personne âgée, lui qui sous-estime la part de graisses. La circonférence du milieu du bras ou le tour de taille sont de meilleurs indicateurs. Un déficit énergétique est suspect chez la femme si la circonférence du bras est inférieure à 22 cm (23 chez l’homme). Ceux qui ont une masse musculaire au-dessus de la moyenne et un tour de taille plus petit ou égal à 102 cm ont un taux de mortalité plus faible. Mais les personnes en sous-poids ont des taux de mortalité nettement plus élevés que celles qui sont de poids normal ou en surpoids. Autrement dit, chez les personnes âgées, mieux vaut être trop gros que trop maigre.

Les effets contrastés de l’obésité

La prise de poids avec l’âge n’est pas tant due à une quantité supérieure de calories ingérées qu’à une diminution de la dépense totale d’énergie et à des changements hormonaux. Les personnes obèses âgées ont plus de risques de souffrir d’hypertension artérielle, de diabète, de maladie coronarienne, d’attaque cérébrale, de problèmes de vésicule biliaire, respiratoires, d’arthrose, d’apnées du sommeil et de cancers. Toutefois, il semblerait qu’avec l’âge, le surpoids ne soit pas un facteur de mortalité. Il serait même associé à une diminution significative de la mortalité. Il augmente en outre la masse osseuse, ce qui est bénéfique: les risques d’ostéoporose et de fracture de la hanche sont moins importants chez les obèses.Quant à la perte de poids, son impact sur les personnes âgées est également difficile à évaluer. La dénutrition est associée à un pire pronostic que l’obésité, la perte de masse maigre impliquée n’étant guère bénéfique. De plus, il est souvent difficile pour les médecins de savoir si la perte de poids est volontaire ou associée à une maladie chronique. Une étude montre que les personnes obèses qui perdent du poids intentionnellement diminuent de 24% leur taux de mortalité par rapport à celles qui maigrissent de manière fortuite. La perte de poids volontaire diminue en moyenne de 75% la masse grasse et de 25% la masse maigre. C’est la perte de cette dernière qui n’est pas bonne pour la santé.

Des exercices réguliers

Les médecins doivent considérer un traitement au cas par cas. Une perte de poids chez la personne âgée se justifie en cas d’arthrose et de troubles de la mobilité, elle visera à améliorer les conditions de vie du patient plutôt qu’à prévenir les complications médicales. La perte de poids intempestive n’est pas recommandée auprès des plus âgés puisqu’un surpoids aurait probablement un effet protecteur grâce à de meilleures réserves nutritionnelles et un taux de masse maigre plus conséquent. Avec un exercice physique associé, la perte de masse maigre, celle qu’il s’agit de garder, est moins importante. La meilleure option consiste donc à améliorer son hygiène de vie et faire des exercices. Une activité physique régulière et un apport en vitamine D adéquat permettent de limiter la perte musculaire et osseuse tout en perdant du poids. La marche est recommandée, elle qui contribue à diminuer le taux de masse grasse tout en évitant trop de perte de masse maigre.

 

Source : https://www.planetesante.ch/Magazine/Autour-de-la-maladie/Arthrose/La-difficile-question-de-l-obesite-chez-la-personne-agee


Violences psychologiques ou physiques, escroqueries, discriminations, isolement: la maltraitance des personnes âgées est encore sous-estimée, explique à l’AFP Sophie Moulias, gériatre à l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation, en juin.

QUESTION: Comment expliquer que selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne âgée sur dix soit confrontée chaque mois à la maltraitance?

REPONSE: « La maltraitance des personnes âgées est très fréquente et, paradoxalement, elle est méconnue, voire taboue. Une personne sur dix, c’est le minimum, car les cas sont largement sous-déclarés. Tout le monde est mal à l’aise quand on aborde ce sujet et il est minimisé. Il est insupportable qu’on banalise la maltraitance à l’encontre des personnes handicapées, des enfants ou des personnes âgées, toutes celles qui dépendent d’un autre. La plupart des gens pensent tout de suite aux maltraitances physiques, heureusement rares même si elles existent, mais il y a d’autres formes de maltraitance : les violences psychologiques, qu’on peut subir à domicile, en institution, ou même au quotidien dans la société, la négligence, qui n’est pas forcément intentionnelle mais peut avoir des conséquences très graves, ou encore des abus financiers ou des escroqueries. Souvent c’est la famille, beaucoup plus que les escrocs, qui est impliquée dans ces cas-là.

Q: Comment peut-on mieux la repérer et y remédier ?

R: Comme pour les enfants, l’évitement, la peur de l’autre, des bleus, des brûlures de cigarettes ou des fractures bizarres sont des signes. En tant que médecin, notre mission est d’être en éveil et dans la formation. Il nous faut dire que cela n’est pas normal, en parler davantage et insister sur le fait que faire un signalement n’est pas faire une dénonciation. Plus il y aura de signalements, mieux ça ira pour les personnes concernées. Il existe un numéro national, le 3977, pour en parler. Les victimes sont par définition vulnérables et dépendantes de ceux et celles qui les maltraitent. La maltraitance peut entraîner de graves traumatismes physiques et avoir des conséquences psychologiques à long terme. Les cas les plus signalés ont lieu au domicile, plus que dans les institutions. Parfois la personne maltraitante est elle-même maltraitée par le système, par la société. Le soin des personnes dépendantes est apporté à plus de 80% à domicile par la famille. Les Français n’abandonnent pas leurs vieux, au contraire ils s’en occupent beaucoup et c’est une tâche difficile.

Q: Qu’attendez-vous de cette journée de sensibilisation ?

R: Elle est primordiale pour faire prendre conscience à toute la société que ce problème existe. Chacun devrait pouvoir mener des actions: les Ehpad, les hôpitaux, les institutions, mais aussi les Caisses d’allocations familiales, les mairies et tous les lieux citoyens. La maltraitance des personnes âgées doit sortir du champ institutionnel pour devenir une question de société, tous les citoyens doivent s’impliquer. En France, il y a un vrai souci avec l’âgisme, la discrimination sur l’âge. On a une vision sociale structurée par le travail et souvent les personnes qui ne travaillent plus se sentent exclues, hors du coup. En France, ce n’est pas glamour, le vieux, et c’est ce regard qu’il faut aussi changer. »

 

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/15/2594401-maltraitance-personnes-agees-doit-etre-probleme-societe-geriatre.html


En cas de fortes chaleurs et d’épisodes caniculaires, les personnes âgées et vulnérables peuvent s’inscrire sur un fichier leur permettant d’être contactées et prises en charge.

Suite aux températures très élevées de ces derniers jours, un plan canicule de niveau 3 a été lancé dans toute l’Ile de France. Il est accompagné de recommandations pour l’ensemble de la population. Parmi les mesures prises par la Mairie de Paris figure le plan Chalex (Chaleur extrême), qui concerne les personnes âgées, souvent plus isolées et vulnérables en cas de fortes chaleurs.

Le fichier Chalex

Dans le cadre du plan Canicule national, la ville de Paris a mis au point depuis 2004 une action de recensement des personnes vulnérables avec le fichier Chalex. Les personnes âgées de plus de 75 ans, isolées, en situation de handicap et/ou souffrant de problèmes de santé peuvent bénéficier gratuitement de ce service. Pour cela, la personne âgée (ou son représentant légal ou une personne de son entourage) doit appeler le 39 75 ou envoyer un bulletin d’inscription, téléchargeable sur Internet et disponible dans les centres d’action sociale et mairies d’arrondissement de la ville de Paris.

Une fois inscrites sur ce fichier, les personnes âgées sont contactées par un téléopérateur s’informant sur leur état de santé (4 appels sur 48h). Si une personne âgée se trouve en situation problématique, le téléopérateur peut transférer le dossier à une cellule de veille sanitaire (aux Transmetteurs et à la réserve solidaire de Paris) basée au SAMU de Paris. Ces derniers rappellent alors les personnes signalées pour les conseiller. Ils peuvent aussi contacter un médecin traitant, un proche ou dans les situations extrêmes déclencher une intervention du SAMU.

D’après Dominique Versini, adjointe chargée des questions relatives à la solidarité, aux familles et aux personnes âgées, 8400 personnes figurent tout au long de l’été sur le fichier Chalex. Ce service ne dispense pas pour autant de suivre les recommandations de base en cas de fortes chaleurs, à savoir boire suffisamment d’eau (1.5 L par jour), manger en quantité suffisante, maintenir sa maison au frais, se rendre dans des endroits climatisés, éviter les efforts physiques et donner régulièrement des nouvelles à ses proches.

 

Source : http://sante.lefigaro.fr/article/fichier-chalex-recenser-les-personnes-vulnerables-en-cas-de-fortes-chaleurs


À l’instar des établissements sanitaires, les Ehpad doivent assurer une sécurité optimale de la prise en charge médicamenteuse de leurs résidents. Mode d’emploi.

1 Qui est concerné ?

Le circuit du médicament fait partie intégrante du projet d’établissement. Ce processus de soins a gagné de l’importance du fait de la médicalisation des structures. La prise en charge des personnes âgées présentant un taux de dépendance plus élevé et souffrant de pathologies multiples augmente le nombre des médicaments consommés, en moyenne de quatre à cinq au total pour les plus de 75 ans.

Concrètement, le circuit du médicament englobe plusieurs phases : la prescription, la dispensation, la délivrance et la livraison, l’administration et la gestion des stocks. Chacune de ces étapes peut être source d’erreurs potentielles susceptibles de menacer la sécurité et la santé des résidents.

En outre, l’organisation du circuit du médicament fait intervenir un grand nombre d’acteurs, salariés de la structure ou libéraux, aux cultures professionnelles différentes : médecins, pharmaciens, infirmiers, aides-soignants, voire, dans certaines conditions pour ce qui est de l’aide à la prise des médicaments, tout autre personnel chargé de l’aide aux actes de la vie courante. Le médecin coordonnateur observe et intervient tout au long du circuit du médicament. Il lui revient notamment de le fédérer autour d’objectifs communs : la traçabilité des actes et la lutte contre l’iatrogénie (des troubles imprévisibles ou non prévus pouvant survenir à la suite de l’administration d’un médicament) en veillant notamment à la bonne adaptation des prescriptions de médicaments aux impératifs gériatriques.

2 Quels sont les enjeux ?

Le circuit du médicament est au cœur d’enjeux financiers et de sécurité dans les établissements. Il participe de façon prépondérante à la qualité des soins apportés aux résidents et vise aussi à lutter contre la iatrogénie médicamenteuse. Cette dernière est responsable de plus de 10 % des hospitalisations chez les sujets âgés et de près de 20 % chez les octogénaires.

Autre raison pour les directeurs d’établissements de se pencher avec intérêt sur cette question : le circuit du médicament est l’un des points audités lors du renouvellement des conventions tripartites pluriannuelles.  Enfin, cette question sera d’autant plus prioritaire pour les Ehpad si la réforme relative aux dépenses de médicaments et à leur prise en charge financière dans les forfaits soins des établissements ne disposant pas d’une PUI se concrétise.

3 Quel mode d’approvisionnement ?

La majorité des Ehpad s’approvisionnent dans des officines sur la base des prescriptions des médecins libéraux intervenant auprès des résidents. Les établissements doivent conclure avec ces pharmacies une convention afin de garantir la qualité et la sécurité de la dispensation pharmaceutique ainsi que le bon usage des médicaments. L’arrêté relatif à la convention entre un Ehpad et un ou plusieurs pharmaciens d’officine est toujours en attente.

Les établissements ont la possibilité de s’approvisionner auprès d’une Pharmacie à usage intérieur (PUI). Cette dernière peut être gérée soit en propre par l’établissement (ce qui est souvent le cas d’établissements à statut public de grande taille) ou par l’établissement de santé auquel il est rattaché. Elle peut également être partagée avec d’autres Ehpad dans le cadre d’un Groupement de coopération sanitaire (GCS). En outre, depuis le 1er janvier 2011, les PUI peuvent être gérées dans le cadre de Groupements de coopération sociaux et médico-sociaux (GCSMS).

4 Qui prépare les doses à administrer ?

Dans 60 à 70 % des cas, la Préparation des doses à administrer (PDA) est effectuée par le personnel infirmier de l’établissement. Une mission chronophage dans un contexte de pénurie budgétaire et de sous-effectif du personnel infirmier. De fait, 20 à 25 % des structures ont fait le choix de confier à une pharmacie la préparation des médicaments. Le décret relatif à la préparation des doses à administrer et l’arrêté relatif aux bonnes pratiques des doses à administrer (conditions de réalisation, de stockage, de livraison et de transport des piluliers…) sont toujours en attente de publication. Enfin, dans 10 à 15 % des Ehpad, ceux qui possèdent une PUI, la préparation des doses à administrer est assurée par le pharmacien de l’établissement

5 Qui peut administrer les traitements ?

Selon la Haute autorité de santé (HAS), le fil conducteur de la sécurisation de l’administration médicamenteuse repose sur la règle des 5 B : « administrer au Bon patient, le Bon médicament, à la Bonne dose, sur la Bonne voie, au Bon moment ». Dans les Ehpad, l’administration des médicaments fait partie des actes que l’infirmier diplômé d’État peut prendre en charge. Cette mission peut être remplie sous sa responsabilité « avec la collaboration d’aides-soignants, d’auxiliaires de puériculture ou d’aides médico-psychologiques qu’il encadre dans les limites de la qualification reconnue à ces derniers du fait de leur formation ». La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a précisé les conditions dans lesquelles les personnels des Ehpad pouvaient assister les résidents qui ne disposent pas d’une autonomie suffisante pour prendre seuls leur traitement prescrit par un médecin. L’aide à la prise des médicaments peut, à ce titre, être assurée par toute personne chargée de l’aide aux actes de la vie courante dès lors que, compte tenu de la nature du médicament, le mode de prise ne présente ni difficulté d’administration ni apprentissage particulier.

 

Source : http://ehpad-magazine.com/gestion-des-medicaments/


Des millions de nouvelles personnes âgées dépendantes devront être accompagnées à domicile dans les prochaines années. La valorisation du métier d’auxiliaire de vie est clé pour répondre à ce besoin.

Nous le savons tous : la population française vieillit. Les plus de 75 ans seront neuf millions dans 15 ans alors qu’ils sont six millions aujourd’hui. Nous savons aussi tous que le nombre de personnes âgées dépendantes va augmenter proportionnellement, et que leur maintien à domicile sera dans la majorité des cas la solution préférée (90% selon OpinionWay – 2012) et la moins onéreuse. Logiquement, le métier d’auxiliaire de vie et d’aide à domicile auprès des personnes âgées est celui qui va créer le plus d’emplois dans les prochaines années (160 000 créations de 2012 à 2022 selon le Rapport “Les métiers en 2022” de France Stratégie et de la DARES).

Dire que nous ne sommes pas prêts à absorber ce “choc” relève de l’euphémisme. Il suffit d’écouter les gens autour de soi pour constater qu’ils se plaignent souvent de ne pas trouver les  bonnes personnes pour s’occuper de leurs proches âgés. Les associations ou entreprises qui pourraient les y aider ne sont d’ailleurs pas spécialement à la fête. Nombre d’associations qui interviennent en milieu rural sont exsangues financièrement. Ca n’est pas non plus faire injure aux réseaux d’agences à but lucratif créés dans le sillage de la loi Borloo de 2005, que de dire qu’ils n’apportent pas encore, en termes de volume, une réponse à la hauteur des enjeux du marché qui pèse tout de même 12 milliards d’euros.

Lorsque l’on s’intéresse au quotidien des auxiliaires de vie, on comprend en réalité pourquoi nous en sommes là. Près de la moitié d’entre eux sont employés à temps partiel. Leurs rémunérations dépassent rarement le SMIC. Ils doivent généralement se déplacer plusieurs heures par jour pour aller d’un bénéficiaire à l’autre. Le manque d’autonomie dans la gestion de leur planning et le manque d’interaction avec leurs collègues leur pèsent (selon l’étude menée par Alenvi et BimBamJob). Plus grave, ils ne se sentent pas considérés. Leur métier n’est ni connu, ni reconnu. Il se situe pour beaucoup dans une zone grise entre l’infirmière et la femme de ménage, quand il n’est pas totalement assimilé à l’entretien du domicile. L’image négative de la vieillesse véhiculée par nos sociétés modernes rejaillit aussi sur le métier. Elle est parfois ressentie très durement par les auxiliaires dans le regard de leurs proches.
Face à ce constat, deux attitudes sont possibles. On peut se résigner et se dire que la plupart des gens s’occupent des personnes âgées parce qu’ils ne peuvent pas faire autre chose, que le métier restera sous-qualifié, précaire et peu considéré. On peut au contraire se dire qu’il est possible de répondre au défi des personnes âgées dépendantes en valorisant le métier d’auxiliaire de vie, un métier de passion et d’engagement.

Concrètement cela peut se traduire par une série d’objectifs :
mieux payer et développer le temps plein, d’abord. Pour attirer et motiver des personnes qualifiées et passionnées, il faut décoller les salaires du SMIC et tendre vers le temps plein pour la majorité des employés. Bien sur, c’est un défi économique. En considérant le temps de travail et le salaire comme des contraintes de départ, plutôt que comme des variables d’ajustement, on se force cependant à innover sur les autres dimensions de l’activité (organisation, relation client..) pour dégager des marges de manoeuvres financières.

Faire connaître le métier et améliorer le référencement des formations sont aussi des enjeux de taille. On parle tout de même de l’accompagnement de millions de personnes âgées et du métier qui va créer le plus d’emploi dans les prochaines années ! Les acteurs du secteur et les pouvoirs publics pourraient s’allier pour lancer des campagnes de publicité (TV, presse, radio..) qui expliquent ce métier de passion et racontent de belles histoires qui l’illustrent. Cela se fait pour les enjeux de santé publique et les grandes causes nationales, deux dénominations qui pourraient tout à fait concerner notre sujet. La diversité des formations  qui conduisent au métier d’auxiliaire de vie est une richesse mais elle brouille aussi parfois la compréhension du métier pour les bénéficiaires. Les différentes formations (certifications de niveau 5 du secteur sanitaire et social) pourraient délivrer le DEAVS, ce qui permettrait d’indiquer clairement aux bénéficiaires que 100% des auxiliaires sont titulaires de ce diplôme. Les formations ou validation d’acquis pour certaines pathologies (Alzheimer..) pourraient être présentées comme des spécialisations du DEAVS. Cela permettrait de mieux valoriser les compétences spécifiques des auxiliaires et de leur offrir des perspectives pour se former en continu.

Enfin, il faut créer un cadre de travail responsabilisant et épanouissant. A partir du moment où l’on fait le pari d’attirer des personnes qualifiées en les payant mieux et en offrant un maximum de temps plein, on peut attendre des auxiliaires qu’ils jouent un rôle actif dans la gestion de leur planning, la relation avec les bénéficiaires et le développement de l’organisation à laquelle ils appartiennent. Aux Pays-Bas, l’organisation Buurtzorg a révolutionné les soins infirmiers à domicile en organisant le travail de 8000 infirmiers via 700 équipes de quartier presque totalement auto-organisées. Une organisation basée sur la confiance, l’autonomie et la collaboration augmente le bien-être des salariés tout en réduisant les coûts d’encadrement. Les structures doivent également renforcer leur rôle d’écoute. L’accompagnement des personnes âgées est intrinsèquement difficile. Interagir au quotidien avec des personnes en état de faiblesse psychologique, se confronter à des maladies neuro dégénératives, vivre le départ de personnes avec lesquelles un lien émotionnel a été créé, sont autant d’expériences douloureuses qu’il est nécessaire de pouvoir partager avec ses collègues lors de réunions régulières. Le digital, parce qu’il permet de connecter des collègues qui ne se croisent pas souvent physiquement, a aussi un rôle fort à jouer dans ce domaine.

Tous ces objectifs peuvent paraître utopiques.  Les réponses aux enjeux vont pourtant sans doute être apportées par les organisations qui vont parier sur l’humain et démontrer que le coût de la valorisation du métier est en réalité inférieur au coût de sa sous-valorisation. On peut s’efforcer de garder un coût à l’heure très bas, une flexibilité forte grâce à une majorité de temps partiel, des coûts de formation bas, tout en en payant les conséquences au prix fort : faible motivation, absentéisme, faible rétention des employés et des bénéficiaires, coûts d’encadrement élevés… On peut également investir sur l’humain  en proposant un salaire plus élevé, une autonomie forte, des formations, de l’écoute et du soutien, et en récolter les fruits : employés motivés et fidèles, bénéficiaires accompagnés sur la durée, coûts d’encadrement plus faibles…La deuxième option doit encore être testée à grande échelle, mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

 Source : http://www.journaldunet.com/economie/expert/65306/la-valorisation-des-auxiliaires-de-vie—une-reponse-aux-enjeux-du-vieillissement.shtml

Une quarantaine d’hôpitaux français vont bientôt pouvoir proposer à leur patients une prestation d’hébergement sans hospitalisation. Ces « hôtels hospitaliers » devraient considérablement réduire les frais engagés par l’État. Ce nouveau système fera l’objet d’une expérimentation pendant trois ans, afin de vérifier s’il est efficace et sans risque, notamment sur le plan de l’hygiène. Certains craignent en effet des dérives.

Le virage ambulatoire de la santé en France se confirme. Une quarantaine d’établissements de santé vont prochainement proposer à leurs patients un hébergement non médicalisé, sous forme d’« hôtels hospitaliers ». « Ces services permettront d’éviter d’hospitaliser des patients qui n’ont pas besoin de soins médicaux particuliers », précise Pourquoi Docteur.

Les patients qui n’ont pas besoin d’une hospitalisation se verront ainsi proposer un hébergement avant ou après leurs soins dans des locaux distincts. L’hébergement pourra également être réalisé « par un hôtelier ou une association partenaire ».

Une quarantaine d’établissements concernés

Un arrêté paru le 6 juillet fixe la liste des établissements de santé qui y sont autorisés. Parmi eux, le centre hospitalier d’Annecy Genevois, l’Institut Paoli Calmettes à Marseille ou encore des centres de lutte anti-cancer comme le Centre Léon Bérard de Lyon et l’hôpital Necker de Paris.

Ces établissements pourront désormais accueillir les patients dans leurs propres locaux, qui seront toutefois distincts de ceux dédiés aux hospitalisations.

 

Pour l’État, d’importantes économies à la clé

Le concept, proposé par Olivier Véran, rapporteur du budget de la Sécurité sociale 2015, pourrait engendrer d’énormes économies pour l’État. La mesure devrait pouvoir réduire les frais de 50 à 1 250 euros par jour.

Le projet a été recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Certains craignent déjà des dérives

La mesure fait toutefois grincer des dents l’Association française de chirurgie ambulatoire (AFCA). Dans un éditorial, sa présidente Corinne Vons, craignait déjà en 2014 que ces services ne deviennent de nouveaux « sites de transmissions d’infections nosocomiales », rapporte Pourquoi Docteur.

Elle déplore également le risque que « les bénéfices du retour à domicile pour les personnes âgées ne soient perdus », et que ces structures deviennent des hôpitaux « au rabais ».

La période d’expérimentation de trois ans devra déterminer si ces nouveaux « hôtels hospitaliers » sont efficaces et sans risque.

 

Source : http://www.ouest-france.fr/sante/hopital-le-concept-des-hotels-hospitaliers-debarque-en-france-5148267


Face aux enjeux du vieillissement démographique, l’économie sociale et solidaire a de nombreux atouts : place des mutuelles dans la protection sociale, place du secteur associatif dans l’hébergement et les soins à domicile, innovateurs sociaux dans la santé… Mais, confrontée aux assauts du secteur privé et à la transition numérique, elle ne doit pas se contenter d’affirmer sa différence mais apporter des preuves de sa plus-value. De nouveaux outils de mesure sont nécessaires.

« La France maltraite ses personnes âgées », estime le sociologue Bernard Ennuyer, en appuyant sur le fait qu’il n’y a pas de réelle politique publique du vieillissement (« la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement ne définit pas qui sont les vieux ! ») et que la société oublie leur rôle économique dans la cohésion sociale (aide financière aux enfants, garde des petits-enfants, aide au maintien à domicile des parents).

La transformation majeure, c’est celle des cycles de vie

Pour autant, l’ESS a-t-elle une attitude différente vis-à-vis des seniors et de toutes les problématiques qui s’imposent à eux ? C’est ce qu’ont cherché à savoir les participants à la rencontre de l’Université populaire et citoyenne, organisée cette semaine dans le cadre de la Chaire ESS du Cnam sur le thème : « Économie sociale et solidaire et vieillissement, enjeux et perspectives ».

Un intitulé qui reprend peu ou prou celui du rapport publié en 2016 par la Fonda et Futuribles. Présent au Cnam, Yannick Blanc, président de la Fonda, a évoqué les apports qui pourraient être ceux de l’ESS : « face aux approches marchandes de la Silver Economy, nous nous sommes demandés si l’ESS ne pouvait pas porter des alternatives. L’ESS met en avant ses spécificités (non-lucrativité, gouvernance, participation des usagers) non seulement dans les institutions qui s’occupent des soins et de la santé, mais aussi dans les activités qui concernent les jeunes seniors. En termes de prospective, nous pensons qu’il n’est plus possible de parler de catégories d’âge, mais de parcours des individus, car la transformation majeure du vieillissement démographique, c’est celle des cycles de vie ».

Plus de 300 initiatives de l’ESS liées à la thématique de « l’or gris »

Pour y répondre, les acteurs de l’ESS fournissent des réponses nombreuses et locales. Le rapport de la Fonda et de Futuribles a ainsi repéré plus de 300 initiatives de l’ESS liées à la thématique de « l’or gris », comme les Villages Répit Familles pour les aidants, la Scic Innovillâge dans la Creuse, les Intergénéreux (devenus le programme Mona Lisa avec le service civique), Duo for a Job (mentorat intergénérationnel financé par les Social Impact Bonds), etc.

En-dehors du secteur sanitaire et social, l’ESS est aussi particulièrement positionnée dans le secteur de l’habitat et de l’hébergement. Lors de cette même réunion au Cnam, Aline Di Carlo, assistante sociale et doctorante, a présenté un panorama de l’habitat alternatif pour les personnes âgées : béguinage, cohabitation intergénérationnelle (comme avec le Pari solidaire), domicile partagé, habitat participatif. « La particularité de ces expériences est d’associer pleinement habitants et aidants au projet et à la vie du projet, comme dans les conseils de vie », souligne Aline Di Carlo.

Il y a une vraie différence entre un Ehpad associatif et un Ehpad lucratif

Mais quand il s’agit d’évaluer les plus-values des solutions apportées par l’ESS au vieillissement, les réponses sont plus complexes…

Pour Bernard Ennuyer, il n’y a pas de doute qu’il y a une vraie différence entre un Ehpad associatif et un Ehpad lucratif ; il constate aussi que les soins à domicile portés par des associations ont une vraie dimension sociale.

Selon Yannick Blanc, c’est bien autour de la question de l’évaluation que l’ESS doit faire ses preuves : « les objectifs du privé lucratif ne sont pas ceux du secteur associatif. Et pourtant c’est le secteur privé qui mesure les plus-values dans le secteur sanitaire et social.

Pour parvenir à mettre en avant l’impact de l’ESS, par exemple avec ses apports non monétaires, la Fonda vient de lancer une nouvelle étude avec l’Avise et le Labo de l’ESS afin de construire de nouveaux instruments de mesure ».

C’est vraisemblablement à cette condition que l’ESS pourra consolider sa place dans les structures impliquées dans l’accompagnement du vieillissement démographique.

 

Source : http://www.gazette-sante-social.fr/40318/less-doit-faire-ses-preuves-en-matiere-de-vieillissement


A quoi sert la téléassistance ?

La téléassistance est utile pour sécuriser les personnes âgées qui vivent seules chez elles et rassurer leurs proches.

En cas de malaise ou de chute, la personne équipée d’un système de téléassistance peut signaler son problème à une personne travaillant pour la centrale d’écoute à laquelle le système est relié.

En fonction de l’urgence de la situation, un proche est contacté ou une intervention est déclenchée au domicile de la personne.

Comment fonctionne la téléassistance ?

Un système de micro haut-parleur est installé dans votre logement. Il vous permet de communiquer à distance avec les personnes travaillant pour la centrale d’écoute.

Vous portez en permanence un émetteur-récepteur relié à la centrale d’écoute qui permet de déclencher l’alarme et la mise en relation avec la centrale d’écoute. Il peut s’agir :

  • d’un médaillon autour du cou
  • ou d’une montre au poignet.

Quand vous appuyez sur votre médaillon ou votre montre, la centrale d’écoute est alertée. Une personne de la centrale d’écoute vous appelle immédiatement pour savoir ce qui vous arrive. Grâce au système de micro haut-parleur, vous pouvez communiquer à distance avec cette personne.

En fonction de la situation, seuls vos proches (vos voisins, votre famille…) sont prévenus ou bien l’intervention des secours à votre domicile est sollicitée.

Comment bénéficier de la téléassistance chez vous ?

Si vous souhaitez bénéficier de la téléassistance chez vous, vous pouvez prendre contact avec votre point d’information local ou votre mairie. Ils vous communiqueront les coordonnées des organismes qui proposent ce service près de chez vous.

Pour trouver les coordonnées de votre point d’information local dédié aux personnes âgées, consulter l’annuaire du portail.

Quelles aides ?

Le coût de la téléassistance peut être pris en charge dans le cadre de l’APA à domicile.

Les mairies participent parfois sous certaines conditions aux frais d’installation ou aux frais d’abonnement.

 

Source : http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/actualites/teleassistance-se-sentir-plus-en-securite-chez-soi


Part des résidents confrontés, fin 2015, à une perte d'autonomie partielle ou totale selon le type d'activité

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie une étude sur le profil des résidents en établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ehpa). Ce travail s’appuie sur l’exploitation des premiers résultats de l’enquête EHPA 2015. Sa publication intervient alors que monte à nouveau une polémique sur l’insuffisance des effectifs des Ehpa et les risques de maltraitance institutionnelle qu’elle peut faire peser sur les résidents.

La question récurrente des effectifs

L’affaire est partie de la grève d’une partie des personnels d’un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de Foucherans (Jura), qui dure depuis près d’un mois, ce qui est très inhabituel dans le secteur médicosocial. La notoriété de ce conflit a été relayée par un long reportage de Florence Aubenas, publié dans Le Monde daté du 19 juillet.
Le jour même de cette parution, l’AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées) publiait un communiqué indiquant « comprendre la grève dans le Jura ». L’association affirme qu’elle « partage l’inquiétude des professionnels et y ajoute sa préoccupation pour les personnes âgées vivant à domicile et les personnels qui les accompagnent ». L’AD-PA demande l’organisation d’une réunion avec la ministre des Solidarités et de la Santé et « l’ensemble des représentants des retraités – personnes âgées, professionnels et salariés – pour qu’elle explique comment elle entend relever le défi de l’aide à nos ainés ».

728.000 résidents en Ehpa, soit 5% de plus qu’en 2011

Dans ce climat tendu – avec en outre la contestation généralisée de la réforme de la tarification des Ehpad -, l’étude de la Drees s’en tient à une approche statistique, mais qui n’est pas sans liens avec les questions soulevées. Elle montre en effet qu’à la fin de 2015, les Ehpa accueillaient 728.000 résidents, soit 10% des personnes âgées de 75 ans et plus et un tiers de celles de 90 ans ou plus. Lors de la précédente enquête, qui portait sur l’année 2011, ce chiffre était de 693.000 résidents, soit une progression de 5% en quatre ans (voir notre article ci-dessous du 12 décembre 2014).
Sur ces 728.000 résidents, environ 80% sont accueillis en Ehpad et 4% en hébergement temporaire ou accueil de jour, le reste étant constitué essentiellement des résidents en logements-foyers (devenus résidences autonomie) et, pour une toute petite part, des « maisons de retraite » (Ehpa non Ehpad), qui jouent désormais un rôle totalement marginal (7.700 personnes sur le total de 728.000 résidents). La part de l’accueil en Ehpad est aujourd’hui plus importante qu’en 2011. La capacité des établissements est pourtant proche de la saturation, avec un taux d’occupation de 98%, contre 97% en 2011.

L’âge médian a progressé d’un an en quatre ans…

Autre enseignement de l’étude : la poursuite du vieillissement des résidents. L’âgé médian est désormais de 87 ans et 5 mois, contre 86 ans et 5 mois à la fin de 2011, soit une année supplémentaire en seulement quatre ans… L’âge moyen est, pour sa part, de 85 ans et 9 mois, contre 85 ans en 2011 (87 ans pour les femmes et 82 ans et 3 mois pour les hommes). Autre signe frappant du vieillissement : en quatre ans, la part des résidents de 90 ans ou plus est passée de 29% à 35%… Ce vieillissement accéléré s’explique toutefois, pour partie, par une augmentation de l’âge moyen d’entrée en Ehpa (85 ans et 2 mois, soit 9 mois de plus qu’en 2011), conséquence du développement des politiques de maintien à domicile.
Du fait des écarts dans l’espérance de vie, les femmes sont nettement plus nombreuses en Ehpa que les hommes (78% des résidents de 80 ans ou plus). Aussi 91% des résidentes sont-elles sans conjoint, contre 75% des résidents.

Une dépendance accrue, avec 83% de résidents en perte d’autonomie

La conséquence de ce vieillissement est que les résidents de 2015 sont plus dépendants que ceux de 2011. Toutes catégories d’établissements confondues, 83% des résidents sont en perte d’autonomie au sens de la grille AGGIR, autrement dit sont classés dans les GIR 1 à 4. Cette proportion était encore de 81% en 2011. Et plus de la moitié des résidents (54%) sont désormais classés en GIR 1 et 2, autrement dit sont fortement dépendants.
Les Ehpad sont les plus touchés par cette évolution, avec un GMP (GIR moyen pondéré) qui passe de 689 à 710 en quatre ans. La Drees précise toutefois que cette évolution peut s’interpréter de façon positive, « comme l’effet de la baisse du nombre de personnes âgées peu ou pas dépendantes résidant en institution ». Cette dépendance se traduit par le fait que – hors les personnes en résidences autonomie – 93% des résidents ont besoin d’aide pour la toilette, 86% pour s’habiller et 70% pour s’alimenter.
La forte dépendance (GIR 1 et 2) ne concerne d’ ailleurs pas seulement les personnes les plus âgées (57% de forte dépendance chez les personnes de 90 ans ou plus). Elle touche aussi 42% des résidents de moins de 70 ans.
Enfin, l’étude de la Drees montre que plus de 260.000 résidents – soit environ 36% du total – sont atteints d’une maladie neurodégénérative (comme la maladie d’Alzheimer) et que plus d’un quart des résidents bénéficient d’une mesure de protection juridique des majeurs.

Le détail du rapport ici 

 

Source : http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250279535051